Accueil du site > Monnaies Sociales ? Complémentaires (...) > Se repérer dans les initiatives. > Objectifs

Une classification des dispositifs en fonction de leurs objectifs

par celina whitaker (30/01/2012)

Quels échanges la monnaie complémentaire a-t-elle vocation à développer ?

 

Monnaies d’échanges de services et d’entraide, à base temps

  • Favoriser les échanges de services entre personnes, échanges de temps et de savoirs.
  • Renforcer la solidarité, le lien social : favoriser l’entraide et la solidarité, favoriser l’intergénérationel, l’inclusion de tous, développer une culture du vivre ensemble, ....

C’est le cas des systèmes d’échanges locaux (SEL) en France, des Banques du temps en Italie, Espagne, Portugal, Grande-Bretagne.C’est le cas également du Talent, en Autriche.

Cliquer ici pour quelques exemples de dispositifs correspondants.

 

Monnaies pour une économie locale, sociale, solidaire.

Dans le domaine économique, la monnaie est un vecteur puissant, puisque, au-delà de l’auto-consommation, c’est dans l’échange que la production « se réalise » et prend son sens. Les monnaies complémentaires peuvent alors jouer un rôle pour développer ou orienter ces échanges.

Les monnaies locales, circulant dans un bassin de vie déterminé, se mettent en place pour favoriser l’activité et, ainsi, le développement de l’économie locale et/ou de l’économie sociale et solidaire au sein de ce bassin.

Ces monnaies sont sociales et solidaires, en ce qu’elles portent des enjeux de création d’activité et d’emploi dans le bassin de vie, de promotion et développement d’une économie locale et/ou fondée sur des valeurs écologiques et sociales (objectifs de l’activité économique, nature de la production, modes de production).

Ces monnaies sont parfois (de plus en plus) couplées avec un appui à des projets de développement d’activités d’intérêt sociétal, ou avec du « microcrédit à la consommation », comme le Palmas, au Brésil, précurseur dans ce domaine. Le couplage microcrédit (à la production et à la consommation) / monnaie complémentaire locale permet de travailler sur l’offre et la demande, dans un objectif collectif d’amélioration des conditions de vie de chacun et de développement de l’activité et de l’emploi dans le quartier.

Cliquer ici pour quelques exemples de dispositifs correspondants.

 

Monnaies de développement économique.

De fait, les monnaies complémentaires peuvent être un levier pour tout développement des échanges économiques.

Ainsi, par exemple, les initiatives de monnaie complémentaire qui se mettent en place pour répondre à une non -disponibilité de monnaie officielle, pour générer des possibilités d’échange sans diminuer les liquidités des entreprises en monnaie officielle.

C’est le cas en particulier des systèmes de « crédit mutuel » entre entreprises, qui peuvent ainsi s’échanger de la marchandise par simple comptabilisation des dettes et crédits entre elles (sous la forme d’une « chambre de compensation » entre entreprises), sans avoir à mobiliser leur trésorerie pour effectuer la transaction. Les deux exemples les plus connus étant le WIR, en Suisse, et le système C3, qui se met en place en Uruguay.

Mais il existe également des monnaies que l’on pourrait qualifier de « privées ». Les « cartes de fidélité » que l’on nous propose dans tous les magasins procèdent également d’une démarche de type « monnaie complémentaire » : on vous offre des points, "un petit plus" en termes de pouvoir d’achat, un « outil monétaire » que vous pourrez utiliser en paiement d’un produit. En contre-partie, de fait, vous donnez votre préférence à cette entreprise, et vous contribuez au développement de son activité économique, en allant dépenser prioritairement chez elle.

Cliquer ici pour quelques exemples de dispositifs correspondants.

 

Monnaies mixtes.

Ces monnaies sont un peu particulières, en ce qu’elles mixent plus fortement différents objectifs, échanges économiques, échanges de services entre personnes, entraide. Elles ont cours principalement en Amérique du Nord (USA, Canada).

Ces monnaies peuvent être utilisées pour les échanges dans le réseau des entreprises affiliées, mais également dans les échanges de savoirs et services des autres membres du réseau. Ce système contribue ainsi au développement des activités, que celles-ci soient économiques (dans le sens de leur insertion dans les marchés économiques classiques) ou d’échanges et entraide entre personnes.

C’est le cas par exemple du Calgary dollars (Canada) et de Ithaca Hours (USA) ou encore du Talent (Autriche).

On pourrait également classer ici les monnaies de type "boite à outil", qui proposent différents outils monétaires selon les échanges qu’ils promeuvent.

C’est le cas en particulier du SOL, en France, qui propose le développement du SOL-éco, pour les échanges économiques, et du SOL-temps, pour les échanges de services et l’entraide. La proximité des deux outils monétaires permet en particulier construire un projet d’’ensemble en termes de développement territorial.

Cliquer ici pour quelques exemples de dispositifs correspondants.

 

Monnaies pour le développement de gestes éco-citoyens.

Ce sont des monnaies de valorisation de comportements solidaires et écologiques. La comptabilisation de ces comportements (covoiturage, hébergement solidaire, recyclage des déchets, etc.) leur accorde une visibilité collective et une reconnaissance sociétale. L’intermédiaire monétaire permet de les réintégrer dans des circuits d’échange plus larges.

Cliquer ici pour quelques exemples de dispositifs correspondants.